COTE D’IVOIRE: Guy-André Kieffer : l’insoutenable attente…

La Cote d’Ivoire a changé de régime depuis. L’ancien président Laurent Gbagbo et son épouse Simone font face à la justice au pays et devant la CPI.  Un nouveau régime est en place. Pourtant, dans ce pays un journaliste est toujours porté disparu depuis plus de treize ans. Ceux qui auraient pu empêcher l’éclatement de la vérité ont été neutralisés depuis. Et depuis, il y a eu plus de chaleur que de lumière sur ce qui n’est encore qu’une disparition faute de corps. Même s’il n’y a plus de doute que le journaliste Franco-canadien Guy-André Kieffer a été assassiné. Ses assassins continuent à courir et les restes de sa dépouille restent introuvables.

Pourtant, dans ce pays, quelqu’un a enlevé ce journaliste. Quelqu’un l’a tué et caché son corps quelque part. Celui ou ceux qui l’ont enlevé et tué exécutaient un ordre ou un contrat. Au-delà de ces quasis certitudes, il n’y a ni aveux, ni corps même si le mobile semblait être tout trouvé dès les premiers instants de la disparition du journaliste. Qu’est ce qui empêche la justice francaise et Ivoirienne de mettre fin à cette attente insoutenable de la famille ?

Ci-dessous ce qu’écrivait le 26 novembre 2016, l’Agence France Presse telle que reprise par Le Devoir :

Paris — Un témoin, entendu en mai par le juge d’instruction français responsable de l’affaire, a affirmé savoir où pourrait se trouver le corps du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer, disparu en 2004 à Abidjan, a-t-on appris jeudi de l’avocat de la famille, qui demande à la Côte d’Ivoire de coopérer.

Ce témoin, un Français installé en Côte d’Ivoire, a affirmé que le corps du journaliste pourrait avoir été enterré dans le sous-sol d’une maison au sud d’Abidjan, a expliqué à l’AFP Me Alexis Gublin. « Dans ce dossier, un grand nombre de témoignages farfelus ont été écartés, mais cette fois, il s’agit d’un témoignage extrêmement sérieux et solide, auquel nous accordons du crédit, car il concorde avec d’autres éléments dans le dossier », a-t-il ajouté.

Selon l’avocat, le juge d’instruction chargé de l’enquête en France a envoyé une commission rogatoire internationale à la Côte d’Ivoire pour que des investigations soient menées au sujet de ce nouveau témoignage. Concrètement, relève une source proche du dossier, des fouilles pourraient être menées à l’endroit désigné par le témoin. « Manifestement il ne s’est rien passé », a déploré l’avocat. « Nous voulons que la Côte d’Ivoire choisisse son camp une bonne fois pour toutes et nous dise si elle souhaite véritablement la manifestation de la vérité ou si elle veut faire de l’obstruction », a ajouté Alexis Gublin.

Guy-André Kieffer, qui a disparu le 16 avril 2004 dans un stationnement d’Abidjan, enquêtait notamment sur des malversations présumées dans la filière cacao, des travaux qui pourraient avoir gêné l’entourage du président Laurent Gbagbo, alors au pouvoir. Le journaliste avait disparu alors qu’il avait rendez-vous avec Michel Legré, beau-frère de Simone Gbagbo, l’ex-première dame de Côte d’Ivoire. Michel Legré est décédé en septembre.

Simone Gbagbo, qui comparaît actuellement devant la cour d’assises d’Abidjan pour « crimes contre l’humanité » pendant la crise postélectorale de 2010-2011, a récemment été accusée par un ancien chef de milice d’avoir donné l’ordre d’enlever le journaliste, de l’exécuter et d’incinérer son corps. L’accusée avait pour sa part demandé que progresse l’enquête sur la disparition : « On m’accuse, on me salit […] Que l’enquête concernant cette affaire aille à son terme ! », a-t-elle demandé le 21 juin.

 25 novembre 2016 |Agence France-Presse |

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